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Mon voyage en Guyane Française m’est une véritable initiation. J’ai pu confronter mon alter ego à la nouvelle réalité de l’horizon. J’ai eu la chance de rencontrer un peuple qui m’intrigue : les amérindiens. Leur mode de vie balisé en fonction des lois naturelles me fascine. On comprend très vite pourquoi ils auraient vécu des millions d’années dans la forêt amazonienne sans nuire à sa fonctionnalité écosystémique. N’ayant pas eu le sacré privilège de connaitre les indigènes de l’île Hispaniola dont leur histoire fut arrêtée par « l’humanisme » des européens à travers Christophe Colomb, la rencontre de la culture amérindienne d’Amérique m’a fait mesurer l’étendue de la richesse anthropologique sociale, culturelle, ethnique et naturelle déracinée du sol Haïtien. L’histoire des indiens d’Amérique tout comme celle des caraïbes n’a pas commencé à partir de 1492 –l’arrivée de Christophe Colon- mais y a pris fin.

En Guyane française, un vestige de cette culture amérindienne perdure et la richesse naturelle est encore présente. Mais jusqu’à quand ? La forêt, dont une partie de l’Amazonie, couvre 95% de ce territoire. C’est la jungle tropicale. Des oiseaux de milles couleurs, des jaguars, des arbres de toute silhouette, des insectes à forme multiple, des singes, des caïmans,… Les voir en vrai, je ressens une certaine connexité incommensurable qui me brule le regard émerveillé et m’incite à ne regarder rien d’autres que cette nature mouvante. Que du bonheur !

Là-bas, j’ai connu le silence nocturne révélateur de la forêt amazonienne. Quelques nuits en bivouac, avec comme toit la canopée, m’ont révélé l’interconnexion de l’homme et la nature sauvage mais harmonieuse. La nuit, la forêt chante une interminable chanson de mille et un cris d’espèces qui bercent. J’ai perçu une aura de félicité, un flux d’énergie incomparable s’est déferlé en moi, a affermi ma relation avec la nature et m’a laissé entrevoir l’existence sur un nouvel angle d’harmonie et de respect. Dans la densité mortelle de la forêt, de courte pluie séquentielle et sectorielle porteuse de vie tambourine sur les feuillages un langage que seuls les plus réceptifs perçoivent. Que du bonheur !

C’est dans la forêt amazonienne que j’ai compris combien l’homme est dénaturé. Là-bas, l’harmonie entre plantes et plantes, plantes et animaux, animaux et animaux existent d’une synergie parfaite. Ils ont tous une constitution, une loi commune : la Nature. Le commensalisme règne. A chacun sa place, à chacun son rôle et la même nature en réjouit. Je crois aussi avoir compris qu’il ne manque qu’une note dans la musique : l’être humain. Non seulement qu’il se retire progressivement de l’ensemble mais pour assurer son séjour en dehors du rythme, il revient dans l’orchestre, la main empoisonnée de fausses notes et fait de l’harmonie jadis berçante une cacophonie inaudible, mortelle…

De par la diversité ethnique de la Guyane, y séjourner revient à rencontrer la culture et les mœurs toutes confondues des européens, des asiatiques, des caraïbes, des sud-américains et des autochtones. La Guyane, la terre des Amérindiens devenue territoire français où les Brésiliens parlent le créole Haïtien et/ou Guyanais devant des magasins Chinois vendant des produits agricoles des Hmong sous le regard des Saramaka, des Guadeloupéens, des Martiniquais et j’en passe….

Voyager c’est rencontrer le monde dans sa multiculturalité, la nature dans sa diversité et le Soi dans son intégralité.

Voyager, c’est se rencontrer à l’autre bout du monde.

© Jouby ALEXANDRE,

Poète, Technicien Supérieur

En Gestion et Protection

de la Nature (Guyane Française)

Juin 2014

Jouby ALEXANDRE, jeune poète haitien, Technicien Supérieur  En Gestion et Protection  de la Nature (Guyane Française)

Jouby ALEXANDRE, jeune poète haitien, Technicien Supérieur En Gestion et Protection de la Nature (Guyane Française)

Tag(s) : #Voyage, #ou Trouvailles

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