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Délires d’un marin solitaire

Ô mer lointaine que je t’envie

Flots rayés frissonnant

Eau qui frémit

Verres splendides

Vibrant face au miroir de ton ciel

 

Eau qui baigne et qui broie

Mer d’étain et de miel

Sirène ou titan tu es le sphinx, mélange salé

Qui embrasse les détroits et caresse les contrées

 

Et quel ange, que diantre, quel animal raz de marée

N’avalerait le philtre de ton air

Pour ta croupe qui s’étend

Ton ventre mystérieux, et ton chant qui détend ?

 

Ô mer lointaine

Veuve des héros mythiques

Ondes latérales conservant en son sein

Des échos antiques

Tu chatouilles dans l’ombre

Des maitresses ombrageuses

Vastes formes malléables

Rugissant à l’extase des plaintes juteuses

Mère retrouvée et maitresse éprouvée

Des voyageurs solitaires

Que le génie d’Ulysse m’enlève jusqu’aux sombres terres

Et le long fleuve rouge, intrépide de mes veines

Ne serait plus qu’une flaque, stupide indolente et sereine

 

© Gabriel Wensley Alcindor

 

Sur le dos de la montagne

Sur le dos de la montagne

Sommeillaient tendres fleurs et tant de rêves

Et les ombres des silhouettes

Entonnaient dans leurs vagues

La mélodie de leur silence

 

L’azur s’approcha soudain de sa sœur

La terre qui tâtonnait sa peur de l’empreinte des pieds

Car cette mère n’osait taire les élans de son salut

Et couchée sur les cendres de son passé

Elle offrait sa liberté et le spectacle de son martyr

 

Sur le dos de la montagne

Où sautillent boules de feu

Le lambi ne cesse de tanguer le danger

Mais la fièvre s’enroule dans les corps

Enivre les cœurs de la cour à la danse

Et dans cette transe mêlent pas et trépas

 

Sur le dos de la montagne

Où il reste encore le sexe comme le seul loisir

Les enfants poussent vite dans la poussière

Et sont vieux avant la tombée de la nuit

Car demain dès l’aube ils doivent partir

Rechercher la terre promise au fond de l’étang perdu

 

Sur le dos de la montagne

S’empilent les fardeaux

Et la peine de leurs poids gangrène la vigilance des yeux

 

Ordes prédateurs à l’affût

De leur peau de limace et de leurs mots

Sillonnant la dernière goutte s’il en reste

Car il y a toujours à dire et à tirer

Sur le dos de cette montagne…

 

© Gabriel Wensley Alcindor

 

La belle poésie de Gabriel Wensley Alcindor
Tag(s) : #Poésie

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